Exercices militaires au Groenland
La France a demandé un exercice de l'Otan au Groenland et elle est prête à y contribuer, a fait savoir mercredi l'Elysée, alors que le projet du président américain Donald Trump de prendre le contrôle de l'île de l'Arctique provoque de vives tensions entre les Etats-Unis et l'Europe.
Le chef de la Maison blanche a multiplié ces dernières semaines les déclarations pour justifier son intention de s'emparer de ce territoire autonome du Royaume du Danemark, pays membre de l'UE et de l'Otan, un projet qui menace de faire voler en éclats l'alliance militaire transatlantique.
Interrogé sur la demande par Paris d'un exercice de l'Otan au Groenland, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a critiqué Emmanuel Macron.
"Si c'est tout ce que le président Macron a à faire (...) alors que le budget français est en ruine, je lui suggérerais de se concentrer sur d'autres choses pour le peuple français", a-t-il dit en marge en marge du Forum économique mondial (FEM) de Davos, quelques heures avant un discours attendu de Donald Trump dans la station suisse.
Scott Bessent a également qualifié d'"incendiaires" les propos du président français, qui a appelé mardi l'Union européenne (UE) à réagir et qu'elle devrait envisager d'activer son instrument anti-coercition (ACI).
Donald Trump a menacé de surtaxes douanières plusieurs pays européens - dont la France - en raison de leur opposition affichée à sa volonté d'annexer le Groenland, île à la localisation stratégique et riche en minerais, afin de garantir selon lui la sécurité des Etats-Unis.
RUTTE TRAVAILLE "EN COULISSES"
Apparemment vexé du refus annoncé d'Emmanuel Macron de rejoindre le "Conseil de la paix" qu'il compte mettre en place pour résoudre les conflits internationaux, en commençant par Gaza, le locataire de la Maison blanche a aussi déclaré qu'il pourrait infliger des droits de douane de 200% aux vins et champagnes français.
Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a pour sa part déclaré mercredi qu'il ne commenterait pas publiquement les tensions entre les États‑Unis et leurs alliés européens au sujet du Groenland.
"Vous pouvez être assurés que je travaille sur ce dossier en coulisses, mais je ne peux pas le faire publiquement", a-t-il cependant dit lors du FEM.
"Le président Trump et d'autres dirigeants ont raison : nous devons en faire davantage dans cette région. Nous devons protéger l'Arctique face à l'influence russe et chinoise", a‑t‑il poursuivi.
"Nous y travaillons, en veillant à défendre collectivement la région arctique."
Des soldats européens, parmi lesquels des Français, sont arrivés la semaine dernière au Groenland dans le cadre d'exercices décidés par le Danemark et ses alliés.
(Elizabeth Pineau, Ariane Luthi, Dave Graham et Bart Meijer, rédigé par Benjamin Mallet, édité par Nicolas Delame)

17 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer